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COUPS DE CŒUR:
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le livre )










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COUP
DE CŒUR
pour
le livre de Françoise Foucher et Hervé Ronné
aux
éditions "Le
Télégramme"
| Ce n'est pas un guide
touristique, mais Françoise Foucher, journaliste, en a pourtant écrit
plusieurs. Ce n'est pas non plus un album de photos, bien qu'Hervé
Ronné
soit un photographe réputé et que les superbes illustrations de ce beau livre soient ses
œuvres. Et pas du tout une rétrospective
historique.
Non, ce bel et grand ouvrage relié s'apparente
plutôt à une
délicieuse promenade au fil de l'eau. Une navigation tranquille et
reposante depuis Nantes jusqu'à
Brest. Mais au cours de
laquelle on ne se contente
pas d'admirer les rives, les écluses et les chemins de halage somme
toute assez monotones. Les auteurs nous emmènent découvrir
l'arrière-pays, les demeures historiques, les témoignages d'activités
anciennes, les secrets de la nature traversée ou bien encore les sites
cachés comme, en plein cœur de
Nantes, ce tunnel des bateliers passant à deux pas de la cathédrale, ou
ces ruines d'écluses et de maisons englouties émergeant de la boue
lorsque l'on vide le lac de Guerlédan.
On feuillette
une première fois les 140 grandes pages du livre pour goûter aux
belles images qu'Hervé Ronné a rassemblées. Elles sont toutes légendées
et
cette première lecture incite à en apprendre davantage. On passe ainsi
insensiblement de la légende des photos au texte voisin et l'embarquement est
immédiat, le courant nous entraîne de découverte en découverte...
On fait ainsi la connaissance d'un canal bien oublié qui constitue
pourtant une œuvre pharaonique : 367 km, 238 écluses ! Une gigantesque
tranchée dans le paysage breton pour réunir entre elles pas moins de
huit rivières ! Et pour faire fonctionner cet ouvrage titanesque d'un
autre temps, creusé par une armée de bagnards, près de deux cents
personnes sont encore en service dont une centaine d'éclusiers. C'est
que le canal n'est pas mort ! Bien qu'une petite fraction de son
parcours et dix-huit écluses aient été noyées par la
construction, dans les années vingt, du barrage de Guerlédan,
il reste encore plus de 300 km accessibles à la navigation. Certes, en premier lieu à la plaisance, mais ce
n'est pas rien et le potentiel touristique de l'ouvrage est très
important. | |
 | C'est d'ailleurs l'avis du Conseil Régional; et l'on se prend à rêver,
comme autrefois, d'une continuité retrouvée de la navigation depuis les
rives ligériennes jusqu'à la rade de Brest.
Et en attendant que le rêve ne devienne réalité,
l'envie nous prend peut-être de rechercher sur internet les sites des
loueurs de bateaux habitables pour une navigation paisible depuis
l'Erdre jusqu'à La Gacilly, Josselin, Rohan ou Pontivy, sans nul besoin
d'un quelconque permis...
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Yannick Loukianoff
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