Navigateur, explorateur et cartographe britannique, James
Cook est issu d'une famille relativement modeste, son père étant valet
de ferme. Il est né le 27 octobre 1728 à Marton, dans le Nord
Yorkshire, une petite ville aujourd'hui rattachée à Middlesbrough. La
famille, qui compta 9 enfants, s'établit ensuite à la ferme Airey Home
à Great Ayton. L'employeur du père finança les études du petit James à
l'école primaire. Puis, à l'âge de treize ans, l'enfant travailla avec
son père dans la gestion de la ferme.
En 1745, à dix-sept ans, il fut placé en apprentissage chez
un mercier de Staithes, un village de pêcheurs. C'est là que, selon la
légende, il sentit pour la première fois l'appel de la mer en regardant
par la fenêtre du magasin. Au bout d'un an et demi, le propriétaire de
l'entreprise décréta que James n'était pas fait pour le métier et le
conduisit au port de Whitby où il le présenta à des amis quakers
faisant commerce du charbon et possédant plusieurs navires. Cook fut
engagé sur leur flotte comme apprenti de la marine marchande. Il passa
les années suivantes à faire du cabotage entre la Tyne et Londres.
Parallèlement à la navigation, il étudia à fond l'algèbre, la
trigonométrie et
l'astronomie.
A la fin de ses trois années d'apprentissage, James Cook
navigua sur des navires de commerce en mer Baltique et monta rapidement
en grade. En 1755, on lui proposa le commandement du
Friendship, mais il
préféra s'engager dans la Royal Navy. Cela impliquait cependant de
recommencer sa carrière en bas de la hiérarchie et c'est comme simple
matelot qu'il s'engagea à bord du
HMS
Eagle sous le commandement du capitaine Hugh Palliser. Il
fut rapidement promu au grade de Master's Mate. En 1757, après deux
années passées au sein de la Navy, il réussit son examen de maîtrise
lui permettant de commander un navire de la flotte royale.
Au cours de la Guerre de Sept Ans, il participa au siège de
la ville de Québec. Il se consacra à la topographie des lieux et
cartographia la plus grande partie de l'embouchure du St-Laurent, ce
qui permit au général James Wolfe de mener son attaque décisive sur les
plaines d'Abraham en 1759. Le jeune homme attira ainsi l'attention de
l'Amirauté et de la Royal Society. Il établit ensuite les
premières cartes précises des côtes de Terre-Neuve, puis, vers le
passage du Nord-Ouest, celles des côtes sud et Ouest entre la
péninsule de Burin et Cap Ray. Il épousa en 1762 Elisabeth Batts. Ses
observations astronomiques lors de l'éclipse de soleil de 1766
confirmèrent ses talents auprès de la Royal Society.
Son premier
voyage d'exploration ( 1768 - 1771 ).
En 1768, il fut nommé commandant du
HMB Endeavour Bark et
chargé par la Royal Society d'explorer le sud de l'océan Pacifique
avec pour principales missions l'observation du transit
1
de Vénus le 3
juin 1769 et la recherche d'un hypothétique continent austral
2.
L'
Endeavour
était un trois-mâts-barque de moins de 400 tonneaux, une embarcation
solide, capable d'affronter les tempêtes, et parfaitement capable
d'engranger quinze mois de vivres tout en offrant des locaux pour les
scientifiques. Son faible tirant d'eau, lui permettait en outre de
s'approcher des nombreux récifs et archipels
du Pacifique et de remonter les cours d'eau.
Réplique moderne de l'Endeavour. Photo
"La mer en livres", Brest-2002.
L'expédition quitta Plymouth le 24 août 1768 en direction du
détroit de Magellan, avec une centaine de personnes à bord, parmi
lesquelles des naturalistes comme Joseph Banks ou le Suédois Solander,
l'astronome Charles Green, et les dessinateurs Buchan et Parkinson.
Après les côtes du Brésil, l'expédition reconnut les Malouines et
s'arrêta un temps à la Terre de Feu où l'ascension d'une montagne
faillit bien être fatale à un petit groupe de scientifiques qui perdit
deux hommes, morts de froid. Apès avoir
passé le cap Horn, on débarqua à Tahiti le 13 avril 1769. Cook fit
construire un petit fort et un observatoire qu'il baptisa Point Venus
en
prévision du transit de la planète qui eut lieu le 3 juin et qui
bénéficia d'un ciel limpide. Il y séjourna jusqu'au 13 juillet, et fit
faire une étude complète de l'île, non seulement géographique, mais
aussi sociale et économique en vue d'y établir par la suite une base
anglaise..
La seconde partie du voyage avait pour but de rechercher la
Terra
Australis, l'hypothétique pendant de l'Eurasie de
l'hémisphère nord.
Bien qu'i doutât de l'existence de ce continent, James Cook explora
l'archipel situé à l'ouest de Tahiti, qu'il nomma Society Islands.
Grâce à
l'aide d'un Tahitien, Tupia, il atteignit la Nouvelle-Zélande le 6
octobre 1769. Il était le second Européen à y débarquer après Abel
Tasman en 1742. L'expédition cartographia l'intégralité
des côtes néo-zélandaises et identifia aussi le détroit qui allait
devenir le détroit de Cook, séparant l'île du sud de l'île du
nord et que Tasman n'avait pas découvert. Laissant derrière lui le cap
Farewell, il se dirigea à
l'ouest en direction de la Terre de Van Diemen, actuellement Tasmanie,
avec l'intention de déterminer s'il s'agissait d'une partie du
continent austral recherché. Mais les vents entraînèrent le navire vers
le nord. L'expédition aperçut la terre le 20 avril 1770 en un lieu que
Cook nomma Point Hicks. Ils se trouvaient en fait au sud-est du
continent australien, devenant ainsi officiellement les premiers
Européens à repérer la côte est de l'Australie.
Cook
poursuivit sa route vers le nord en cartographiant les points
remarquables, pénétra dans un fjord et débarqua à Kurnell. L'endroit
porte aujourd'hui le nom de Botany Bay en raison des nombreuses
découvertes effectuées par les botanistes Banks, Solander et Spöring.
La Grande Bretagne choisira plus tard ce site pour établir une
première colonie britannique. Phillip la déménagera ensuite dans un
port naturel que Cook avait baptisé Port Jackson et qui fut le berceau
du port actuel de Sydney. Des aborigènes furent aperçus dès le premier
débarquement. La rencontre donna lieu à un échange de tirs de mousquets
contre jets de lances.
Plus au nord, le navire toucha un récif de corail. On répara tant bien
que mal la voie d'eau et l'on échoua l'
Endeavour dans
l'embouchure d'une rivière qui porte aujourd'hui le nom du bateau. La
réparation dura sept semaines. Les naturalistes en profitèrent pour
explorer la région et découvrirent l'existence du kangourou. Les
contacts avec les aborigènes furent moins hostiles mais très réduits
car Tupia ne connaissait absolument pas leur langue et leur
civilisation apparaissait des plus primitives. Cook prit officiellemnt
possession de toutes les terres découvertes au nom du roi George III,
puis il franchit le détroit de Torrès séparant l'Australie de la
Nouvelle-Guinée. Là, l'accueil des indigènes lui fut hostile et il ne
s'y attarda pas. Le 12 octobre, il arrivait à Batavia ( aujourd'hui
Jakarta ). Quelques marins avaient été victimes du scorbut, ainsi que
des Tahitiens. Le navire resta longtemps en réparation dans ce port où
l'astronome Green décéda. Pour le long voyage de retour, Cook instaura
un régime alimentaire à base de fruits, de choucroute et de citron qui
vint à bout du scorbut. Après une relâche au Cap et à Ste-Hélène,
l'expédition revint en Angleterre le 12 juillet 1771 sans avoir perdu
un seul homme supplémentaire. Cook publia le journal de cette
expédition dont la moisson scientifique était incomparable. Ce fut un
immense succès, à la fois scientifique et populaire. La découverte
3
de l'Australie, une gigantesque terre nouvelle dotée d'une
faune
et d'une flore étonnantes faisait envisager une colonisation rapide.
Le second
voyage d'exploration ( 1772 - 1775 ).
Promu capitaine de frégate, James Cook fut chargé
de mener
une seconde expédition dont les buts ne différaient guère de ceux de la
première. Il devait rechercher la
Terra
Australis beaucoup plus au sud et obtenait deux corvettes,
le
HMS Resolution et
le
HMS Adventure
avec une équipe de scientifiques et surtout un assortiment
d'instruments modernes parmi lesquels quatre chronomètres
nouvellement fabriqués afin de déterminer
avec précision les longitudes.
Partie de Plymouth le 13 juillet 1772,
l'expédition fit relâche au Cap où elle apprit la découverte récente
d'îles australes par Kerguélen ainsi que le départ de Marion Dufresne
et de Crozet en direction du sud. On ignorait encore à ce
moment que Marion Dufresne venait d'être massacré et dévoré
par les Maoris en Nouvelle-Zélande
4.
Cook embarqua un naturaliste suédois, le Dr. Sparmann et les deux
navires firent voile vers le sud--sud-ouest. Cap vers les glaces !
Périple de Cook autour du pôle
sud
Le 14 décembre, après
avoir évolué entre les icebergs et failli perdre deux hommes débarqués
sur l'un d'eux pour y pratiquer des sondages, Cook décida de
longer la banquise. C'était l'été, mais il faut imaginer
les difficultés de cette première navigation à la voile autour du pôle
sud. Le froid glacial, les mains gelées pendant les manœuvres, les
aléas du blizzard austral, la veille permanente, inteminable, de jour
comme de
nuit, sans radar, sans projecteurs, parmi les dangereux icebergs. Quel
exploit ! Il faut lire la publication du journal de Cook pour en avoir
une idée. Le 8 février 1773 les deux navires se
perdirent de vue dans le brouillard antarctique et Furneaux, qui
commandait le
HMS
Adventure,
fit voile vers la terre de Van Diemen puis la
Nouvelle-Zélande.
Cook ne pouvant poursuivre plus au sud, après trois mois de navigation
dans les glaces, résolut lui aussi de rallier la Nouvelle-Zélande. Les
deux navires se retrouvèrent le 18 mai dans l'anse de la
Reine Charlotte déjà reconnue au cours du premier voyage. Ils
quittèrent l'île le 7 juin, naviguant toujours vers l'est et firent
escale à Tahiti où, de nombreux membres de l'expédition y ayant
contracté
de désobligeantes maladies, il ne fallait pas s'attarder. L'explorateur
revint en Nouvelle-Zélande. Puis, après avoir de nouveau perdu de vue
le
HMS Adventure
Cook tenta
de faire route vers le sud. La banquise l'empêcha de
dépasser les 71 ° 10 de latitude. Manifestement, s'il existait un
continent, il était situé beaucoup plus au sud et couvert de cette
glace qui générait les icebergs entre lesquels on naviguait. Le 11
mars,
Cook se ravitailla en vivres à l'île de Pâques, traversa les Marquises
et revînt le 12 avril 1774 à Tahiti. Le temps de faire la fête et
d'embarquer un indigène, Omaï, on
reprit la mer, cartographiant au passage toutes les iles abordées
jusqu'aux Nouvelles-Hébrides. Il découvrit le 5 septembre une grande
île montagneuse, la Nouvelle-Calédonie. De retour en Nouvelle-Zélande
le 9 octobre, il prit le parti de continuer son exploration des mers
polaires vers l'est. Doublant le cap Horn, il reconnut la Géorgie du
Sud et atteignit la ville du Cap le 22 mars 1775. Une lettre
écrite par Furneaux, le commandant du
HMS Adventure
l'y attendait. Elle expliquait qu'en Nouvelle-Zélande, une corvée de
ravitaillement de son bateau avait été massacrée et dévorée
par
des anthropophages. Manquant de bras pour les manœuvres, il avait
décidé de rentrer en Angleterre.
Cook en fit donc autant et arriva à son tour à Plymouth le 30 juillet
1775, un an et quinze jours après Furneaux.
Son
retour fut un véritable triomphe. Le tour complet du pôle sud avait été
accompli pour la première fois, accompagné d'une moisson de
découvertes. Comblé d'honneurs, promu "captain"
(capitaine de
vaisseau), élu à la Royal Society, récompensé par la médaille de Sir
Godfrey Copley, invité partout, Cook ne pensait pourtant qu'à reprendre
la mer.
Le troisième
voyage ( 1776 - 1779 ).
Le Pacifique sud avait été bien reconnu. Les calculs précis
de la
longitude permettaient de mettre le cap sur une île et d'y
arriver sans erreur. Hormis les Kerguélen découvertes par les Français
et les pôles, une seule région du globe
restait floue, sinon inconnue, c'était le Pacifique nord. Les côtes
occidentales américaines et canadiennes, l'Alaska, les côtes de la
Sibérie orientale, toute cette immense région attendait encore d'être
cartographiée. Et qu'y avait-il après le détroit de Béring ? Pouvait-on
gagner l'Atlantique par un passage au nord du continent américain ? Ce
Grand Passage, que l'on disait avoir été trouvé par des Espagnols en
1640 existait-il vraiment ? Et puis il fallait bien aussi ramener Omaï
à Tahiti.
Ce furent donc les instructions que reçut
l'explorateur pour son troisième voyage. On lui donna deux navires, le
HMS Resolution,
toujours lui, et le
HMS
Discovery commandé par Charles Clerke, un capitaine bien
connu de Cook puisqu'il avait été matelot sur l'
Endeavour puis
aspirant sur le
Resolution.
Cook avait limité le nombre de passagers et choisi plutôt de confier
les tâches scientifiques à ses officiers.
Les deux commandants quittèrent Plymouth à quelques semaines
d'intervalle, Cook
le 12 juillet 1776, Clerke à la fin du mois. Cook fit escale aux
Canaries où le physicien français Borda relevait la longitude exacte de
l'île de Fer ( aujourd'hui El Hierro ) dont le méridien était considéré
par la France, depuis la décision de Louis XIII, comme origine des
longitudes. C'est ensuite au Cap que les deux navires anglais se
rejoignirent. Puis ils accostèrent aux Kerguélen dont ils firent les
relevés. En homme de cœur, ayant été informé par Borda de la disgrâce
qui frappait le découvreur français de ces îles, il leur donna le nom
de Kerguélen. On était à la fin de l'année 1776. Cook poursuivit sa
route vers l'est et rallia la Terre de Van Diemen (Tasmanie) où il
décrivit une population aborigène qui devait totalement s'éteindre un
siècle plus tard. Puis il retrouva en Nouvelle-Zélande le mouillage
qu'il avait quitté les années précédentes. Il laissa aux Maoris
quelques spécimens de graines ainsi que des animaux d'Europe et reprit
sa route vers Tahiti en visitant les différentes îles précédemment
découvertes. Omaï fut débarqué à Huahiné, sa patrie, où, respecté et
devenu célèbre, il épousa la fille du roi Otou. Le charme des îles de
la Société opérant, plusieurs matelots désertèrent mais furent
rapidement repris et sévèrement punis par Cook.

La première partie de sa mission achevée, l'explorateur fit
voile vers le nord, franchit l'équateur et découvrit le jour de Noël
1777 une île seulement habitée de tortues de mer, qu'il appela île
Christmas. Le 18 janvier l'expédition découvrit un important groupe
d'îles, parmi lesquelles Hawaï, et auxquelles le navigateur donna le
nom d'îles Sandwich, nom du premier lord de l'amirauté. Au cours de son
escale, Cook fut adoré comme un dieu par la population et
décida de revenir dans cet agréable archipel à la fin de sa mission.
Mettant le cap à l'est, il était le 5 mars 1778 en vue des côtes
américaines de Californie. qu'il remonta loin vers le nord.
L'expédition jeta l'ancre dans une grande baie protégée par
une île immense à laquelle, par la suite, en 1792, l'un des officiers
de Cook, George Vancouver, donnerait son nom. On troqua des
marchandises avec des Indiens riches en fourrures de toutes sortes et
l'expédition reprit son cap vers le nord à la recherche d'un détroit
mythique, le détroit de Fonte, porté sur toutes les cartes et censé
constituer l'entrée du Grand Passage. Parvenue sans résultat au 66ème
degré de latitude
nord, l'expédition atteignit le détroit que Béring avait exloré en 1728
5.
Cook le franchit et fut arrêté par la banquise à la hauteur du 71ème
parallèle. Se bornant à une reconnaissance des côtes de l'Alaska, il
prit contact avec les marchands d'un comptoir russe puis fit voile vers
le sud.
L'expédition toucha Hawaï le 26 novembre 1778. Son
arrivée coincidait avec la saison de Makahiki et aux grandes fêtes
organisées en l'honneur du dieu Lono de la nature, la
fertiulité
et la paix. Cook fut assimilé à ce dieu et couvert de présents. Pendant
un mois, les visiteurs bénéficièrent de ce chaleureux accueil.
Cependant on leur fit comprendre qu'il ne fallait pas s'éterniser et
ils reprirent la mer.
Mais une avarie due au mauvais temps les obligea
à revenir à leur mouillage pour réparer. L'endroit était
désert,
devenu tabou. Les Hawaïens étaient entrés dans la saison de Ku, dieu de
la guerre. Les contacts avec la population furent très tendus. Le 13
février 1779, un détachement britannique reçut une grêle de pierres et
un canot fut volé. Le lendemain, après avoir ordonné le branle-bas de
combat sur les deux navires,
Cook mit toutes les chaloupes à la mer et, suivi de ses fusiliers,
descendit à terre afin de prendre en otages le roi et son entourage
pour obtenir la restitution de leur embarcation. Malgré une foule
énorme amassée sur la plage il allait embarquer le roi lorsqu'un coup
de feu tiré de l'un des canots tua l'un des chefs. Ce fut alors une
excitation générale. Les Britanniques tirèrent des coups de
feu en se repliant tandis que des pierres leur étaient
lancées. Plusieurs marins furent tués. Au moment où James Cook
allait monter dans sa chaloupe, il fut poignardé par un
indigène et s'écroula. Ne pouvant le secourir, les canots s'éloignèrent
tandis que la foule s'acharnait sur le corps du commandant et
l'emportait loin du rivage..
La mort
de Cook. Huile sur toile du 18ème siècle. Honolulu Academy of
Arts
La fin du
voyage ( 1779 - 1780 ).
La mort de l'explorateur faisait de Clerke le
nouveau commandant de l'expédition. La situation était délicate car les
navires n'étaient pas encore réparés. Craignant le cannibalisme, on
décida qu'il fallait avant tout récupérer les corps. Un fort
détachement de fusiliers fut envoyé à terre, procéda à des exécutions
sommaires et brûla des villages. Le roi entama alors des négociations.
Les insulaires rassemblèrent quelques débris des corps et les
apportèrent en procession sur la plage avec des présents. Une cérémonie
funèbre fut organisée et les restes humains furent inhumés en mer. A
terre, le tabou avait été proclamé.
Les réparations achevées, Clerke prit le commandement de la
Resolution tandis
qu'il était remplacé à bord du
Discovery
par le lieutenant Gore. On décida d'achever la mission précédente.
Faisant voile vers le nord, les deux navires firent escale dans un port
russe du Kamtchatka puis franchirent de nouveau le détroit de Béring.
et reconnurent une portion des côtes asiatiques et américaines jusqu'à
la banquise.. Le 22 août 1779, Charles Clerke mourut de tuberculose.
Gore décida alors de rentrer en Angleterre.
Le voyage de retour dura plus d'un an.
On refit difficilement des provisions à Petropavlosk car
aucun marin ne comprenait le russe. Puis après un court mouillage au
Japon, on fit une longue escale à Macao. Les mesures de longitude
s'étaient poursuivies le long de toutes les côtes de même que les
relevés cartographiques. A Macao, où Gore apprit la guerre
d'Indépendance américaine et les revers subis par les Anglais, les
autorités confisquèrent les journaux de bord mais le lieutenant parvint
à leur en soustraire un exemplaire. Les deux navires
rentrèrent alors au pays en passant par les détroits indonésiens, Le
Cap et Sainte-Hélène. Ils arrivèrent à Londres le 1er octobre 1780.
James Cook, en une douzaine d'années seulement, a
fait faire un
pas de géant aux connaissances maritimes mondiales. Il n'est comparable
à aucun autre explorateur pour son dévouement, sa ténacité, sa rigueur
et son absence d'ambition personnelle. Pour lui, l'intérêt général, et
d'abord celui de ses hommes, primait sur toute autre chose. Il a su
s'entourer des meilleurs spécialistes de son époque. Ses
qualités de navigateur, de cartographe et d'homme de science, sa
persévérance et le
fait qu'il ait pu utiliser comme personne les toutes dernières
nouveautés pour calculer les longitudes font de lui le plus
grand
marin de tous les temps, bien plus talentueux que le célèbre Christophe
Colomb.
Ses
découvertes ont considérablement agrandi le nombre de possessions
britanniques et contribué fortement à l'expansion de la langue anglaise
à travers le monde. L'hydrographie, la botanique, l'ethnographie,
l'astronomie et même la médecine navale lui doivent beaucoup. Plus
tard, Dumont d'Urville dira de lui : "C'était un grand marin, dans
toute la plénitude du terme".
6
Christine
LABAT-KERMORGANT
***
-1- On appelle transit de
Vénus le passage, vu de la Terre, de la planète devant le disque
solaire. Deux passages espacés de huit ans ne se renouvellent que tous
les 113 ans et demi. ( Prochain passage le 5 juin 2012 ). L'astronome
anglais Halley, celui qui a donné son nom à la comète, avait imaginé
dès 1678 une méthode simple de
triangulation permettant de calculer aisément la distance de la Terre
au Soleil à partir d'observations faites de l'image de Vénus sur le
disque solaire, vue de deux points de la Terre très éloignés, si
possible même aux antipodes l'un de l'autre. La distance de la Terre au
Soleil étant un étalon très important en astronomie, il était
indispensable d'appliquer la méthode proposée par Halley lors des
transits de 1761 et de 1769 et de multiplier les points d'observation
en raison des aléas météorologiques. En 1761, la guerre de Sept Ans n'a
pas pu les
rendre possibles. En 1769,
plusieurs nations envoyèrent des équipes d'astronomes dans
différentes régions du globe.
-2- L'existence d'une
Terra
Australis était
basée sur l'hypothèse que les différentes côtes découvertes çà et là
dans le Pacifique sud appartenaient en fait à un même continent.
Cependant il
s'agissait surtout pour l'Amirauté, alors qu'elle
savait Bougainville dans les parages, de reconnaître avant les Français
le maximum de terres dans le Pacifique sud au profit de la Grande
Bretagne.
-3- A peine deux ans après l'atterrage de Cook à Point Hicks, le Breton
Saint-Aloüarn découvrait la côte
occidentale de l'Australie. Voir notre notice sur
Yves
de Kerguélen..
-4- Voir aussi notre notice sur
Marc Marion Dufresne..
-5- Voir notre notice sur
Vitus Béring.
-6- Cook laissait trois enfants. Sa veuve lui survécut un demi-siècle.
EN SAVOIR PLUS

Ed. Points 1998 |

Ed. Allia 2004 |

Ed. La Découverte 2005 |

Ed. La Découverte |

Ed. La Découvrance 2007 |

Ed. La Découvrance 2008 |

Ed. Ouest-France 2010 |

Ed. Actes Sud 2010
Cet
ouvrage, très illustré constitue le catalogue d'une exposition |

Dover Publications Inc. 1972 |

Academy of Chicago Publishers 1992 |

Penguin Classics 2003 |

Penguin Classics 2007 |