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L'aventure câblière de Déolen
en Locmaria-Plouzané
.
©

Un document historique de Jean-François DOUGUET.1



C'est en 1850 que le premier câble télégraphique sous-marin est posé entre le cap Gris-Nez, en France, et Southerland en Grande-Bretagne. Mais le rêve le plus fou, traverser l'Atlantique, reste à concrétiser. Ce sont les Anglais qui vont le réaliser les premiers en 1858 en reliant l'Irlande à Terre-Neuve. Mais rapidement détérioré, le câble ne fonctionnera pratiquement pas.
La Bretagne, dardant sa péninsule vers le Nouveau Monde, s'impose comme un site privilégié pour participer au développement de ce formidable défi technologique. Et c'est en 1869 qu'est mis en service le premier câble transatlantique français, qui relie la pointe du Minou, à l'ouest de Brest, à Dexburry, aux Etats-Unis 2. En 1879, un second câble, de plus de 6000 km, venant du Cap Cod, dans le Massachusetts, via les îles de Saint-Pierre et Miquelon, atterrit sur les côtes bretonnes. Cette fois, c'est la petite crique de Déolen, un peu plus à l'ouest que celle du Minou, qui est choisie.


Le "désert" de Déolen.

La crique de Déolen en Locmaria-Plouzané.

La crique de Déolen fut choisie pour la tranquillité des lieux "éloignés de toutes influences de parasites industriels nuisibles aux récepteurs". On peut imaginer la tranquillité des lieux lorsque l'on lit la description qui en est faite par un promeneur au début du siècle:

" Nous voici en pays de légende. Après avoir parcouru des contrées remplies de gazouillements de fontaines et d'ombres poétiques, nous voici maintenant au désert, sur un sol quasi-vierge, dans la lande, avec, devant nous, une falaise à pic, découpée en décors de théâtre, et la mer grondant au bas. Paysage de plein vent et de plein soleil. C'est le désert de Déolen. D'étroits sentiers dévalent brusquement jusqu'au fond d'un premier ravin où coule un ruisseau vaseux qu'il faut passer à gué. De l'autre côté, la montagne est rude à gravir, mais , une fois au sommet, nous serons dédommagé de nos fatigues par l'originalité du spectacle. A nos pieds s'ouvre la crique de Déolen, déchiquetée, taillée en dentelles granitiques."

A l'origine, c'est un simple baraquement qui réceptionnait le câble. M.Sévère en était le gardien. Notre promeneur lui rendit visite.
"M. Sévère n'est pas gâté par les distractions du voisinage, à Déolen. Son ermitage est absolument isolé; aucun chemin vicinal n'y mène. M. Sévère ne peut quitter Déolen sans traverser le désert. L'hiver, ce n'est pas toujours drôle."
S'il n'existait pas de chemin, c'est que les propriétaires riverains exigèrent un prix exorbitant, "trente francs du mètre-carré", pour que la Compagnie Française des Câbles Télégraphiques, propriétaire du câble, le réalise.


Un point stratégique mondial.

Mais les choses vont s'accélérer. En 1898, un deuxième câble atterrit à Déolen, reliant directement Cap Cod. Entre temps, depuis 1870, Déolen était aussi relié à l'Angleterre via la station de Brignogan avec laquelle elle était connectée par des câbles aériens. En 1905, une liaison est établie avec Dakar, au Sénégal. En 1915, un nouveau câble relie Déolen à Dakar, via Casablanca, au Maroc. Puis en 1919 atterrit un câble venant de New-York, via les Açores. La station de Déolen devient l'un des points stratégiques des télécommunications mondiales. Une centaine d'agents en assurent le fonctionnement.
Bien sûr, les baraquements du début s'avèrent insuffisants. Ainsi, tout un ensemble de bâtiments est construit en 1920, en granite du pays, et aménagé en 1922. De nouveaux bâtiments s'y ajouteront en 1948.


La maison du câble de Deolen.
La station a cessé son activité pendant la dernière guerre, mais les Allemands, pensant l'utiliser, ne l'ont pas détruite. Et grâce à l'ingéniosité du directeur de l'époque, Edouard Bernard, le matériel put être en grande partie sauvegardé. Toujours pour des raisons stratégiques évidentes, les Alliés ne choisirent pas la station comme cible de leurs bombardements. Ainsi, même si elle eut à en souffrir un peu, elle put refonctionner assez rapidement après que les Rangers du 5ème bataillon s'en furent emparé.

De la télégraphie au centre aéré.

De nouveaux câbles atterrirent à Déolen et la station continua de fonctionner jusqu'en 1962. Mais le 12 juillet de la même année, la station "spatiale" de Pleumeur-Bodou captait les premières images télévisées transmises par le satellite Telstar. Autres temps, autres technologies. Cependant, plus que le satellite, c'est le téléphone qui condamna le télégraphe. Les câbles sous-marins avaient encore un bel avenir, mais ils devinrent téléphoniques au lieu de télégraphiques. La station de Déolen, devenue obsolète, ne put être réadaptée aux nouvelles technologies.


Le conduit dallé qui protégeait les câbles. Les câbles plongent ensuite dans l'océan.
Les vestiges du prestigieux passé de la crique de Déolen sont toujours visibles à marée basse.<

C'est le sud du département qui fut choisi pour une simple question de distance, 40 kilomètres en moins par rapport aux Etats-Unis, et, en 1962 toujours, fut inaugurée la station de câbles sous-marins téléphoniques de Penmarc'h. Elle est toujours en service, et le plus long câble sous-marin au monde, le Sea Me We 3, 40000 km, y atterrit.
Quant à la station de Déolen, désaffectée durant quelques années, elle fut reprise en 1987 par France Télécom. Plusieurs bâtiments furent vendus à des particuliers. Le bâtiment principal fut entièrement réaménagé et transformé en centre aéré. Il reçut ainsi, tous les mercredis et durant les vacances scolaires, les enfants des agents de La Poste et de France Télécom de l'agglomération brestoise. Aujourd'hui, il n'abrite plus de centre aéré et n'appartient plus à France Télécom.

Jean-François DOUGUET



1- Cet article est paru en octobre 2000 dans le n° 188 des "Cahiers de l'Iroise". Avec l'autorisation de son auteur, il a été réactualisé et illustré pour les besoins de ce site.
2- On a utilisé à l'époque le plus grand navire du monde, le paquebot Great Eastern transformé en câblier et accompagné de plusieurs autres unités.

Le "Great Eastern".
Le Great Eastern, long de 211m, disposait aussi d'une hélice et de 5400m2 de voiles.
Pour plus d'informations sur ce navire, cliquer ici.





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