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| Des pages qui font aimer et respecter la mer. |
HISTOIRES DE MER Cadeau d'anniversaire Un bananier chargé de ferraille Partie de cache-cache dans le brouillard Rapports de mer La sardine Les vaisseaux de pierre Un malamok peut en cacher un autre L'aventure câblière de Déolen en Locmaria-Plouzané Le naufrage de La Sémillante Nouméa: la vie sur les pontons Cyclone dans le lagon calédonien Histoires du large La Marie-Jeanne Le guetteur de Molène Des liens de varech Il a neigé sur la ville d'Ys Quand j'étais castor La Pierre aux Femmes |
Cadeau d'anniversaire ©. Un récit écrit par Jean BULOT. Voilà maintenant dix ans que les Abeille Flandre et Languedoc sont en station et ont prouvé par leurs nombreux sauvetages et assistances diverses que leur présence est le moyen le plus sûr pour porter secours aux navires en difficulté par gros temps. Mais à bord de l'Abeille Flandre, nous n'aurons pas le loisir de fêter cet événement car, en ce jour anniversaire, nous sommes en route pour aller porter assistance à un cargo battant pavillon des Bahamas. ![]() Le Tresco, parti deux jours plus tôt d'Espagne pour l'Angleterre avec 3000 tonnes de ciment en vrac dans ses cales, rencontre du vent d'ouest force 8 et une mer très forte à l'entrée de la Manche. En fin d'après-midi de ce 14 septembre, le chargement ripe brutalement et le cargo se couche sur bâbord en prenant une gîte de trente degrés ! Persuadé que la situation ne pourra que s'aggraver et soucieux de sauver son équipage, le capitaine lance un appel de détresse. Une heure plus tard, les huit marins sont récupérés sains et saufs par un hélicoptère anglais. Lorsque nous arrivons sur sa position en début de soirée, le navire, stoppé en travers de la mer, flotte toujours et accuse bien une gîte de trente degrés environ, atteignant toutefois quarante à cinquante dans les coups de roulis. Je décide de rester au moins une heure à proximité immédiate pour étudier son comportement. La cargaison s'est apparemment stabilisée, car malgré l'état de la mer, la gîte ne s'aggrave pas. Je stabilise le remorqueur à une vingtaine de mètres sous le vent du cargo pour mettre le zodiac à l'eau avec un équipage de quatre hommes. A la lueur de nos projecteurs et malgré les violents coups de roulis et le renvoi de la mer le long de la coque, deux marins et le lieutenant Patrick Saladin réussissent à monter à bord. Comme le bateau à la dérive est privé d'énergie, la manœuvre la plus simple et la plus rapide consiste à présenter l'arrière du remorqueur à deux ou trois mètres de son étrave pour que les trois hommes puissent haler à la force des bras un gréement léger mais solide composé d'un fil d'acier et d'un gros nylon. Une fois la remorque passée sans problèmes, les hommes, qui ont reçu la consigne de ne pas s'aventurer à l'intérieur du château-arrière au cas où le cargo viendrait à chavirer, ferment les portes étanches restées ouvertes au moment de son abandon. Puis nous les récupérons car il est évidemment hors de question de les laisser à bord de ce navire qui risque de couler rapidement au bout de la remorque, dans de telles conditions de mer et surtout en pleine obscurité. Jouant avec le vent, la mer, la vitesse et le cap pour que le remorqué trouve une position d'équilibre satisfaisante et que la gîte ne s'aggrave pas, nous traversons la Manche puis la mer d'Iroise avant d'arriver dans l'après-midi sur rade de Brest avec le Tresco. Jean
Bulot.
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