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| Des pages qui font aimer et respecter la mer. |
LA MER EN POEMES Les mailles du souvenir La cité perdue Vieux compagnon Saint-Guénolé Les malamoks Le menhir des "Droits de l'Homme" Sur la peau du diable Au temps de la rogue Iroise Sans amarres Entrelacs Le Conquet ( Konk Leon ) Le bois de Cosquer Loch-Mazhe-Traoun On dit quelquefois Pour seul pays, la mer Vois petit La mer Magie océane Le Pescadou Un gars du Malick Sy Souvenirs d'un long courrier Le port de Ouistreham La rue de Calix Sur le rivage Marin, mon frère Molène L'Île de Sein Ports... D'un équinoxe à l'autre Marquises Toutes les mers Tatihou En arrimage La mer à boire Amour de marin Libre et poète Voies parallèles Collioure Lumières marine Voyage dans le vent L'aile du vent Ainsi est le poète Manarola Honfleur Sortilèges La Roche Brune Calanche di Piana A marée basse La marée Evocation Rêve corse Larguer les amarres |
Les mailles du souvenir.© Une chanson écrite par Georges TANNEAU. ![]() Ramendage des filets à l'école d'apprentissage du Guilvinec *
Mes rêves de gamin, étaient-ils prisonniers Des mailles des filets qu'il fallait ramender ? Mes rêves de gamin, étaient-ils emportés Par ces plis qui tombaient en toiles d'araignées ? Ces filets s'accrochaient aux poignées des fenêtres Et ils filtraient alors nos joies et nos soucis. Chaque maille portait un soupir, un peut-être, L'espérance sans fin des gens de par ici. Oui, quand j'étais gamin, combien m'ont fait rêver Tous ces sombres rideaux aux odeurs de tanin, Car ils me racontaient le vent et la marée, Le bateau qui tanguait, le retour des marins. Ces filets s'entassaient dans un coin de la chambre Et comme des rochers couverts de goémon Qu'ils étaient durs et forts, qu'ils étaient doux et tendres, En devenant pour moi l'île de Robinson. Il m'arrivait parfois de prendre des aiguilles, De les garnir de fil, car il fallait aider Ma mère ou, je ne sais, quelqu'un de la famille Dont je revois encor les bouts de doigts usés. Des doigts qui s'activaient parmi les alvéoles, Les mailles des filets qu'il fallait réparer. Quand le jour déclinait, une lampe à pétrole Projetait sur les murs ces doigts démesurés. Mes rêves de gamin se laissaient prendre au piège De la nuit qui pesait sur la corde des plombs. Je m'accrochais alors à la corde des lièges, Mes paupières donnaient de grands coups d'avirons. Enfin je me laissais partir à la dérive Dans un pli de filet, un fouillis de cordage. Portés par les courants, très loin de toute rive, Mes rêves ressemblaient souvent à des naufrages. ![]() Une ancre de bateau dans un jardin se rouille Et les filets anciens se sont effilochés. Une épave moussue s'envase dans la souille Que n'atteint désormais que la grande marée. ![]() Qui se souvient encor du temps des années mortes Où l'on reconnaissait la maison du marin Au filet suspendu sur le pas de la porte ? De nos rêves d'enfant, qui encor s'en souvient ? D'un filet suspendu sur le pas d'une porte Et d'un rêve d'enfant, qui de nous s'en souvient ? Georges Tanneau |
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