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| Des pages qui font aimer et respecter la mer. |

| Mesdames,
messieurs les
auteurs,
quels lecteurs avez-vous rencontrés aujourd'hui ? Difficile sans doute
d'en donner un portrait-type. En effet, dans l'archipel des lettres,
dans la polysémie des mots et de leurs assemblages, chaque lecteur est
une île. Ouvrir un livre, c'est entrer dans une bulle comme Colin et
Chloé, les deux amoureux de L'écume des jours
de Boris Vian ; c'est mettre une distance entre le monde du quotidien
et le monde créé par un romancier, entre les contraintes du réel et les
visions d'un poète. Dès les premières lignes, les premières pages, on largue les amarres pour se lancer dans l'aventure, mais on n'entre pas en errance. La route est balisée, les mouillages sont prévus ; c'est une lecture organisée dans laquelle chacun rentre avec son vécu, sa sensibilité, ses problèmes et sa vision du monde. S'il est normal que parmi différents lecteurs les convergences soient nombreuses, il est tout aussi naturel que les approches et les centres d'intérêt diffèrent. Les rapports avec le livre sont comparables aux rapports humains : on aime ou on n'aime pas, on accroche ou on n'accroche pas. Et souvent quand on nous demande pourquoi nous avons aimé tel ou tel livre, nous nous trouvons aussi embarrassés que lorsqu'on nous presse de dire pourquoi nous aimons quelqu'un. Il y a des choses qui ne s'expliquent pas ; dans bien des cas, les commentaires sont superflus. Plaire à tout le monde est impossible, mais je suis persuadé que lorsqu'un auteur écrit ce qui lui plaît, ce qui lui tient à cœur, il multiplie les chances de plaire. Le bonheur d'écrire engendre le plaisir de lire. Le lecteur entre dans le jeu et entreprend à son insu un travail de création. Dans son poème intitulé Roman, après avoir affirmé que : " On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans " , Rimbaud écrit qu'à cet âge : " Le cœur fou robinsonne à travers les romans " . ![]() Tre an avel hag ar mor
E kaver an enez gaerra Kollet e noz an envor Pelloh'ged ma heller skarza E kalon ar vrummen lor Tre an avel hag ar mor ( Entre la mer et le vent Il y a la plus belle île Perdue au large des temps Au-delà du dernier mille Dans les brouillards du couchant Entre la mer et le vent ) ![]()
Entre la
mer et le vent, entre le vent et la mer, nous les
Conquétois, nous le sommes souvent : vous, nos invités, vous l'êtes
aujourd'hui et je sais que l'an prochain, vous peut-être et d'autres
encore viendront proposer des rêves au long cours dans un salon qui est
bien parti pour rester dans le vent.
Marcel
QUELLEC
8 mai 2010 |
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