![]() |
|
| Des pages qui font aimer et respecter la mer. |
|
LA MER EN CONTES La Petite Sirène Décompte de Noël Le Noël de la Roche Percée L'armada de Noël Le guillemot de Noël Guillaume et l'ormeau magique L'œil de Borgnefesse Obin et le dragon mal léché |
La Petite Sirène ©. Un conte marin de Paulette Evanno.
Le peintre
s'intalla sur la plage endormie, savourant avec délice l'air iodé du
matin. Il disposa sur sa palette une harmonie d'ocres et de bleus, en
complicité avec le décor offert à son regard. Il avait remarqué cet
endroit isolé où, face à l'océan, dans cette douce lueur qui précède le
lever du soleil, il sentira monter en lui ce désir créateur qui
s'exprimera, à n'en pas douter, sur sa toile encore vierge.
Fasciné par cette mer apaisée et indolente, dont les reflets oscillent entre l'émeraude et l'aigue-marine, il sent déjà, comme une caresse, les pâles rayons du soleil qui viennent l'iriser. Son pinceau, dans sa main experte, commence à poser le bleu métallique de ce ciel encore embrumé. Il veut s'imprégner de cette ambiance créatrice, lorsqu'il aperçoit la frêle silhouette d'une fillette assise auprès des flancs rompus d'une épave rejetée sans doute comme un fruit trop mûr par la furie de l'eau. La tête penchée sur ses petits bras, il semble bien qu'elle pleure. Que fait-elle à cette heure matinale ? D'où vient ce grand chagrin ? La mer a-t-elle emporté pour toujours un être qui lui est cher ? Que vient-elle confier à l'immensité océane ? "La toile". Aquarelle de l'artiste conquétoise Anne CADIOU. Hypnotisé par cette insolite présence aux grands yeux qui semblent porter toute la misère du monde, le pinceau prend vie, guidé par une force intérieure, et le voilà qui s'anime et trace, trace encore, et peint, dans un ciel lourd de brume, un immense oiseau blanc emportant dans ses ailes largement déployées une forme humaine ressemblant à un enfant. Le bec pointu fend l'espace au-delà de la mer, là où l'horizon se fond avec le rêve. L'enfant a souri, ses yeux sont maintenant deux petits diamants taillés dans la transparence de l'eau. Le peintre regarde avec tendresse cette toile née de son imaginaire, offerte à l'innocence. Un baiser sur la joue du monsieur, et la petite a disparu. L'aube s'est levée, la lumière est venue du cœur. Paulette Evanno.
|
![]() |
|