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Anne-Hilarion de Cotentin,
comte de TOURVILLE
1642
- 1701
par Roger Coguiec

Né à Paris le 24
novembre 1642, d'un père Premier Gentilhomme de la Chambre de Louis
XIII et Premier Chambellan du prince de Condé, chevalier de l’Ordre de
Malte à l’âge de quatre
ans ,
Tourville apprend son métier de marin à bord des navires de l’Ordre, et
participe en 1661 aux campagnes contre les Barbaresques. En 1662, il
prit, au
cours d’un vif combat, quatre navires turcs et en coula un cinquième.
Le 4
décembre 1666, il reçoit sa commission de capitaine de vaisseau dans la
Marine
royale et le commandement du « Courtisan ».
Au début de
1669, Tourville commande «Le Croissant »
(escadre de
Beaufort) et secourt les Vénitiens assiégés par les Turcs dans l'île de
Candie ( la Crète ).
Le
Roi confirme sa
charge de capitaine de vaisseau en novembre 1669, il commande alors « L’Hercule »
puis « le Duc » en 1671 à bord
duquel il effectue un
audacieux coup de main contre des navires tunisiens dans le port de
Sousse.
On le
retrouve en
Atlantique commandant de l’ « Excellent »
à Rochefort (1672) puis le
« Sage » dans l’escadre
d’Estrées. Il participe à la bataille de Solebay et se distingue par
son
habileté manœuvrière. Commandant le « Sans Pareil »
en 1673, il joue un rôle prépondérant lors des combats de Schoneveldt
et du Texel (7 et 14
juin, 21 août) lors de la
guerre de Hollande.
De
retour en Méditerranée en 1675, il commande la « Sirène »
puis
l’ « Excellent » et mène
campagne en Adriatique,
détruisant des navires espagnols puis sur les côtes siciliennes où il
participe
à la prise d’Augusta (17 août) et à la destruction de quatorze
bâtiments à Messine.
Ces brillants succès entraînent
sa nomination au
rang de chef
d’escadre.
Il
rejoint à bord du « Spectre »
l’escadre de Duquesne et s’illustre aux batailles de Stromboli (8
janvier
1676), d’Agosta (22 avril) et de Palerme (2 juin) qui anéantirent les
escadres
bataves et espagnoles.
En 1679, il commande
une division navale et le « Sans Pareil »
qu’il doit
ramener de Toulon à Brest mais il fait naufrage devant Belle-Ile lors
d’une
tempête.
S’intéressant
de près
à la construction navale et à la formation des jeunes officiers, il
devient le
conseiller très écouté de Colbert et de Seignelay.
Lieutenant
général des armées navales en
1682, il prend part aux bombardements d’Alger sur le « Vigilant »
puis sur le « Ferme »,
rejoint Duquesne1 et participe
aux actions contre le port de Gênes (1684).
Le 2 juin 1688, il croise une escadre espagnole et
lui livre un violent combat, cette dernière ayant refusé de saluer
notre
pavillon. En mai
1689, il reçoit
l’ordre de rallier Brest à la tête de vingt vaisseaux, il y parvient en
forçant
habilement le blocus anglais de l’Iroise et prend le commandement d’une
force
de 70 navires et du « Conquérant ».
Promu
vice-amiral
du Levant le 1er novembre, il met sa marque sur
le « Soleil
Royal » magnifique bâtiment de premier rang qui
devient
indissociable de Tourville. Il sort de Brest le 23 juin 1690. Le 10
juillet il
remporte une victoire devant le cap Béveziers ( Beachy Head, sur la
côte anglaise), victoire
complète
sur la flotte combinée anglo-hollandaise, mais il n’exploite pas
complètement
ce succès malgré une descente sur Teignmouth où il détruit douze
bâtiments ennemis.

AquarellEN
SAVOIR PLUSe
d'André Lambert, extraite de "Pages
d'histoire navale" , par Michel
Perchoc et Jean-Virgile Fuchs. Ed. du Gerfaut 2004.
En
1691, c’est la campagne dite du large qu’il conduit avec maîtrise et
beaucoup d’habileté tactique, tenant la mer durant 50 jours et déjouant
les
escadres anglaises, protégeant ainsi nos côtes.
1692 :
Louis XIV soutient la cause du roi Jacques II et veut tenter un
débarquement en Angleterre. Il charge Tourville de
protéger l’opération. La campagne, basée sur une mauvaise organisation
et de faux
renseignements, s’annonce mal. Son
escadre composée de 44 vaisseaux va affronter la flotte
anglo-hollandaise forte
de 88 navires. Ce sera la bataille de Barfleur le 29 mai. Tourville,
bien
secondé par ses commandants ne perd pas un seul vaisseau et fait face
avec
ténacité. Mais il
doit se retirer vers
Brest, Cherbourg n’offrant aucun abri alors, la flotte perd plusieurs
navires
incendiés par les brûlots anglais dont le « Soleil
Royal »
à Tatihou et la Hougue. Ce qui fut appelé « le désastre de la
Hougue » eut des répercussions matérielles limitées mais les
conséquences
psychologiques et morales furent importantes dans l’opinion et dans
l’esprit du roi qui se désintéressa de la marine, ne comprenant pas son
importance. C’est
là que naquit l’idée que les Français étaient incapables à mener la
guerre
d’escadres, ce qui entraînera bien des infortunes dans l’histoire de
notre
marine.
Maréchal
de France en 1693, Tourville continue les
combats : coup de force de Lagos où il capture une centaine
de navires
marchands ennemis venant de Smyrne, provoquant un désastre économique
d’une
trentaine de
millions et une forte baisse des bourses
de Londres et d'Amsterdam.
En 1694, Tourville contribue aux sièges de Palamos et de
Livourne puis
se
consacre à la défense des côtes méditerranéennes de l’Aunis et de
Saintonge. Il
décède à Paris le 28 mai 1701.
Tourville
reste l'un des plus grands marins de son époque.
Saint-Simon dira qu'il fut "de l’avis des Anglais et des
Hollandais, le plus
grand homme de mer qui eût été depuis un siècle ."
Tacticien
et stratège
excellent, connaissant tous les aspects de son métier de
marin, ce fut un officier complet,
totalement dévoué au service.
Roger
COGUIEC

Statue de
Tourville provenant du Trocadéro et érigée
dans les jardins de Coutances ( Manche ) non loin du château familial. |

Emission
de 1944
|
-1- Lire
aussi, dans cette rubrique, la notice de Roger Coguiec sur Abraham
Duquesne.
EN
SAVOIR PLUS

Ed. Hachette 1942 |

Ed. de Paris 1943 |

Ed. Marcus 1951
|

Ed. Flammarion 1952 |

Ed. Fayard 1996
|

Ed. Boudriot 1998 |

Ed. Fayard 2002 |

Marines Editions 2011
|

Ed. du Gerfaut 2004
|

BD Ed. Vagabondages 2008 |
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